Noël sans Maman, c’est moins drôle…

sapin.jpgDeux notes lues sur des blogues qui donnent le ton à la blogosphère parisienne ont failli me faire écrire un de ces commentaires stupidement hargneux auxquels je reconnais parfois me laisser aller. Lamentations parisiennes chics sur les fêtes, sur l’obligation de se réjouir à date fixe, sur la difficulté à s’en extraire, enfilant platitudes et banalités avec élégance et mépris et une certaine étroitesse d’esprit et de cœur. Eh oui, c’est épouvantable, devoir fêter Noël ou le Jour de l’An comme les autres, comme le vulgaire ou le « braillard ». Eux veulent la vraie fête, celle qui « ne se programme pas à date fixe », pas une « fêtes frelatée »… L’ ennui au cœur titre l’un d’eux…

Pour moi, ces fêtes sont devenues aujourd’hui une terrible nostalgie et j’aurais pu titrer cette note comme une paraphrase « la tristesse au cœur ». Ce soir en rentrant, je regardais les illuminations de la rue du Midi à Vincennes. Elles brillaient tristes et magnifiques dans la pluie et le vent. Quand seront-elles enlevées ? Cela voudra dire alors que les « fêtes » sont finies, qu’elles sont passées et reparties. Ce soir, j’ai la nostalgie de ces fêtes obligatoires, un trésor que nous ne savions pas voir me disait ma cousine au téléphone ce matin. « Noël sans Maman, c’est moins drôle » m’a dit une de mes sœurs, le 26 décembre. Et pourtant ma mère est toujours là, elle a passé Noël avec nous. Mais c’est Noël qui n’est pas passé. Les fêtes sont devenues une épreuve pour elle, trop de monde soudainement, trop de questions et d’inquiétude. Combien doivent venir, y a-t-il quelque chose à manger, et qui vient ? Mais aussi pourquoi viennent-ils encore ? Le sapin, la crèche, lui rappellent que c’est Noël, ou que Noël n’est pas loin, hier ou demain, si elle est devant le sapin ou la crèche. Mais à l’autre bout de la pièce Noël est parti, envolé et il reste encore tous ces gens, qui sont là, et qui l’empêchent d’être tranquille chez elle. Alors, elle regarde son agenda dans lequel mon père note tous les événements, jour par jour et heure par heure, pour qu’elle puisse encore se repérer, boussole ou bouée de sauvetage dans son univers océan troublé, océan incertain, sans date, sans fêtes obligatoires. « Oui, c’est écrit que c’est Noël » dit-elle. « C’est bien ça ? Bon, alors si c’est Noël… »

A propos parisbanlieue

Qui a peur du Grand Paris ? le journal d’un « desperate banlieusard » continue, malgré la difficulté à se faire entendre. Déceptions et frustrations, paralysie du jeu politicien droite-gauche et refus de construire une métropole unifiée et solidaire au-dessus du périphérique. En regardant le Petit Paris de Bertrand Delanoë, et la région immobile de Jean-Paul Huchon en passant par la préfectoralisation de la région-capitale par le gouvernement Sarkozy, Paris est sa banlieue entame sa saison 3… à suivre ;-) Sinon, quand je ne m'occupe pas de Ville et de banlieue ou de Grand-Paris, je suis chargé de la gouvernance web et du 2.0 dans une grosse boîte...
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