Carte postale de Berlin, avec tableau et questionnement

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Regard fixe et inquisiteur d’une société allemande au bord du gouffre. La visite de la Neue NationalGalerie et de la collection d’oeuvres de 1900 à 1945 est une des moments qui m’a le plus profondément marqué pendant notre semaine à Berlin, avec peut-être l’emplacement de l’autodafé de livres sur la Bebelplatz entre l’opéra de Berlin et l’université Humboldt, que je n’ai pas voulu prendre en photo. Le 10 mai 1933, 20.000 livres « non allemands » ont été brûlés. Aujourd’hui, il y a une petite plaque de verre carrée, qui donne sur une bibliothèque blanche aux rayonnages vides, c’est la Versunkene Bibliothek, la Bibliothèque engloutie de Micha Ullman. Je ne suis pas spécialement allé à Berlin pour faire un pèlerinage sur les cendres du IIIème Reich, mais parce que je voulais voir Berlin d’aujourd’hui, une incroyable métropole, vibrante et vivante, dynamique et accueillante. Je suis allé à là-bas pour voir le Berlin retrouvé des rois de Prusse, celui de l’expansion de la ville à la fin du 19ème et au tournant du siècle, le Berlin divisé réunifié, dans lequel on a eu le courage de classer monument historique l’imposante et superbe Karl Marx Allee, jadis Stalin Allee et où Prenzlauerberg, un ancien quartier de Berlin-Est devient un agréable quartier bobo. Pour voir le Berlin du Regierungsviertel, le nouveau quartier du gouvernement face au Reichstag et ses audaces architecturales, comme celles de la Postdamer Platz, où l’histoire a fini par faire se rencontrer par dessus le mur disparu, la créativité des architectes du Kulturforum du Berlin-Ouest des années 60 et celle des architectes d’aujourd’hui. Pour voir les dômes dorés de la synagogue restaurée de l’OrianenburgerStrasse, et le nouveau mémorial aux juifs assassinés d’Europe. Pour voir tout simplement le Berlin sympathique des très berlinoises Currywurst, les saucisses au curry, ou des très turcs kebab dégustés sur l’AlexanderPlatz et partout dans la ville ou des Berliner Weiße mit Schuss sirotées au pied de la tour de la télévision, pour voir le « Berlin-Plages », qui à l’encontre de celui de Paris n’a pas besoin d’être organisé un mois par an sur le bitume d’une voie rapide, mais qui est présent ici et là, sur les bords de la Spree, ou d’un lac ou d’un autre, ou sur un terrain de quartier, où transats, tables de ping-pong et beach volley sont à la disposition de tous, partout. Berlin est une ville extraordinaire, qui pourrait donner des leçons à Paris pour la façon dont elle a compris ce qu’est une métropole. (note à venir avec photos)

Pourtant comme je l’ai déjà écrit, la visite de la Neues Nationalgalerie a été un choc, qui pour moi a donné un étrange écho au discours sécuritaire actuel du gouvernement et de certains députés ultra de l’UMP. Et malgré tout ce que l’on y trouve aujourd’hui, Berlin reste une ville symbole, au passé lourd qui pousse à la réflexion. De déchéance de la nationalité, en expulsion des roms, comme hier encore à Montreuil, il y a une dérive malsaine en France. Sans nier la violence urbaine, et les bandes, les trafics, on peut se demander quel calcul anime soudain cette orientation gouvernementale à deux ans de la présidentielle ? Est-ce l’idée de faire un deal avec un Front National bientôt devenu « fréquentable » sous la direction d’une Marine Le Pen ? Ou simplement une diversion à court terme pour faire oublier les affaires, de Bettencourt en Eric Woerth et autres légions d’honneur bien à propos ? Ou encore une fuite en avant pour marquer l’échec d’une politique menée par Nicolas Sarkozy du ministère de l’intérieur à la présidence de la république depuis plusieurs années ? Ce serait au moins une explication et une excuse, car il vaudrait mieux qu’il s’agisse de manipulation politicienne même dangereuse, plutôt que de convictions véritables de la part des politiques qui sèment la haine et attisent division et affrontement entre français.

à suivre, avec inquiétude…

ps: je n’ai bêtement pas noté le nom du peintre de ce portrait et je suis preneur de l’info. Il se trouve dans la salle appelée Familie Trillhaase ou Roter Salon qui rassemble une vaste collection de portraits. Je pensais le retrouver dans le catalogue du musée, mais il n’y en a pas…
Jean-Paul Chapon

A propos parisbanlieue

Qui a peur du Grand Paris ? le journal d’un « desperate banlieusard » continue, malgré la difficulté à se faire entendre. Déceptions et frustrations, paralysie du jeu politicien droite-gauche et refus de construire une métropole unifiée et solidaire au-dessus du périphérique. En regardant le Petit Paris de Bertrand Delanoë, et la région immobile de Jean-Paul Huchon en passant par la préfectoralisation de la région-capitale par le gouvernement Sarkozy, Paris est sa banlieue entame sa saison 3… à suivre ;-) Sinon, quand je ne m'occupe pas de Ville et de banlieue ou de Grand-Paris, je suis chargé de la gouvernance web et du 2.0 dans une grosse boîte...
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