Carte postale de Berlin, avec pont et métro

oberbaume-brucke-berlin-1.1282501864.jpg

C’est le monument que je ne voulais pas rater à Berlin, l’Oberbaumbrücke. Rien de majestueux ou de monumental, mais un paysage étonnant, la poésie urbaine d’un pont construit à la fin du 19ème siècle, néo gothique comme un conte de fées, avec ses tours pointues, ses briques vernissées et deux vues magnifiques sur Berlin, regardant vers l’est et l’extérieur de la ville avec les nouvelles constructions superbes sur le bassin de la Spree vers Treptow, ou vers l’ouest et vers le centre et son horizon improbable de tours, coupoles et d’aiguille de la Fernsehturm, la tour de la télévision de la RDA, emblème conspué de l’époque et symbole de la ville réunifiée aujourd’hui. Une arche de Calatrava au centre sur laquelle passe le métro. Le pont est resté à l’abandon pendant la période de division, le mur y passait, le pont était fermé. Aujourd’hui, le mur a disparu, le pont est ouvert, mais juste à côté il y a Est Side Gallery, une des choses les plus honteuses que j’ai vues à Berlin dans le genre marketing « touristique » du mur, des fresques d’artistes sur le mur, mais côté anciennement Est, là où il n’était pas question de le faire, et une honteuse boutique où il est interdit de prendre en photo ce qui se vend. Le capitalisme dans ce qu’il sait faire de pire… Heureusement, le pont est aussi le trait d’union entre Kreutzberg et Friedrichshain, les deux parties d’un des arrondissements les plus innovants de la capitale allemande.

Je ne comptais pas faire une note sur le métro, mais pour répondre aux commentaires de la note précédente, je m’y plie bien volontiers. Surtout que les transports en commun de Berlin on un je ne sais quoi que les autres n’ont pas😉 D’abord pour répondre à Brisavoine, non, je ne me souviens pas de climatisation dans les rames, mais pas non plus de chaleur particulière. Mais il ne faisait pas de telles températures à Berlin pendant notre séjour, et puis c’était la première semaine d’août, la ville s’était vidée et les touristes ne voyagent pas aux heures de pointe. En revanche, il est sûr que les rames parisiennes sont d’une autre dimension et même qualité que celles de Berlin. Mais pourtant, il y avait ce truc qui faisait que c’était un plaisir et une évidence simple de prendre le tram ou le métro, U-bahn, comme S-bahn, les entrées et même les quais sont les mêmes. Et finalement, un jour j’ai compris. Il n’y a pas de contrôles, de portillons, de machines à l’entrée du métro. On entre sur le quai, on valide son ticket, on simplement on a son passe, comme une carte orange ou navigo en cas de contrôle. Et aussi étrange que cela puisse paraître, cela fait une énorme différence, de fluidité et de sérénité. Bien sûr, les berlinois ne sont pas les parisiens, et les allemands ne sont pas des français, et la pression démographique sur le réseau berlinois représente un tiers seulement de celle du réseau parisien, mais tout de même, quelle différence.

Une autre différence que j’ai déjà abordée dans la note précédente, c’est ce plan de Berlin, tout Berlin, le grand, de Potsdam à Köpenick, dans les stations de métro. Vous êtes là, dans la métropole indique le cercle sur la carte, et vous êtes à Berlin, pas en banlieue ou dans un intra-muros privilégié. Comme ces plans schématiques du réseau, avec seulement deux zones, plus une troisième pour ce qui est hors Berlin. Il y a moins de lignes, moins de stations qu’à Paris. Sans doute. Mais il y a aussi une approche différente, et cela depuis 1920, année de création du Grand-Berlin, et dont les institutions ont été juste actualisées dès la réunification des deux Allemagnes. Une leçon pour Paris qui n’a été capable dans la même période, qui après avoir détruit le département de la Seine qui apportait un peu de cohérence à la métropole, n’a été capable de créer qu’un syndicat d’études mixte ouvert, le tristement inconnu du grand-public parisien, j’ai nommé Paris Métropole…

berlin-oberbaumbrucke-ost.1282502142.jpg berlin-oberbaumbrucke-2.1282506600.jpg berlin-oberbaumbrucke-west.1282502179.jpg

berlin.1282501838.jpg berlin-ours-alexanderplatz.1282501765.jpg s-u-netz-berlin.1282501797.jpg

Jean-Paul Chapon

A propos parisbanlieue

Qui a peur du Grand Paris ? le journal d’un « desperate banlieusard » continue, malgré la difficulté à se faire entendre. Déceptions et frustrations, paralysie du jeu politicien droite-gauche et refus de construire une métropole unifiée et solidaire au-dessus du périphérique. En regardant le Petit Paris de Bertrand Delanoë, et la région immobile de Jean-Paul Huchon en passant par la préfectoralisation de la région-capitale par le gouvernement Sarkozy, Paris est sa banlieue entame sa saison 3… à suivre ;-) Sinon, quand je ne m'occupe pas de Ville et de banlieue ou de Grand-Paris, je suis chargé de la gouvernance web et du 2.0 dans une grosse boîte...
Cet article, publié dans 8 - Cartes postales..., est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s