Grand-Paris, le piège de Sarkozy se referme encore un peu…

Retour sur le Grand-Paris avec la visite à Saclay du président urbaniste, Nicolas Sarkozy qui annonce vendredi 24 septembre le transfert sur le plateau de cinq grandes écoles (Agro Paris Tech, l’Ecole Centrale de Paris, l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique, l’Ecole normale supérieure de Cachan et l’ensemble Ecole des Mines de Paris-Institut des télécoms). Elles s’ajouteront sur le lieu enchanteur qu’est le plateau de Saclay, à l’école Polytechniques, Supelec et d’autres institutions scientifiques, pour créer « un ensemble de classe mondiale dans le domaine scientifique et technologique ». Et en plus, grâce au projet gouvernemental de double boucle de super métro du Grand-Paris ce campus sera à « moins d’une demi-heure du centre de Paris »… Le rêve ! A se demander si le Président de la République n’aurait pas un compte à régler avec les études supérieures, ou si comme me le disait un jour un élu de la Vallée de Bièvre, notre président ne veut pas simplement avoir un gros truc qui se voit d’avion, sa Silicon Valley à lui, ah esprit bling bling quand tu nous tiens😉

Delanoë s’est fendu d’un communiqué furibard contre le projet de Nicolas Sarkozy autour du plateau de Saclay. Dénonçant les contradictions de la démarche de l’Etat sur « les projets scientifiques et pédagogiques de deux de ces trois établissements, validés par l’Etat en Conseil d’administration ou en Conseil d’école », le maire du Petit-Paris s’offusque parce que « cette décision a été prise sans aucune concertation avec la Ville de Paris, et alors même que j’avais saisi personnellement, il y a quelques jours, le Président de la République pour appeler à un tel échange. Elle illustre plus largement le marché de dupes dans lequel s’enferme l’Etat au sujet du développement de la Métropole. » Et d’annoncer que « la Ville s’opposera fermement, y compris par les instruments juridiques qu’elle maîtrise, et notamment son plan local d’urbanisme, à une telle perspective… Au moment où l’Etat dit vouloir renforcer l’autonomie des universités et renouer le dialogue avec les collectivités d’Ile-de-France, j’appelle une dernière fois le Président de la République à respecter les projets des établissements scientifiques concernés et à engager une réelle concertation avec la Ville de Paris. » De son côté de la région, on critique un « transfert autoritaire » et un « projet décousu ».

Et Paris-Métropole dans tout ça ?

Le syndicat mixte d’étude se fait remarquer par un silence assourdissant, qu’il s’agisse des deux projets de rocade de métro en banlieue, Grand-Paris gouvernemental contre Arc-Express régional, ou de tout autre sujet, comme ce transfert de grandes écoles vers le plateau de Saclay. Il faut dire que les statuts même du syndicat mixte l’empêchent d’être utile et de fonctionner, et on attend toujours avec intérêt de l’entendre s’exprimer sur quelque chose d’autre que lui-même. Mais comment pourrait-il le faire, et paradoxalement, encore plus depuis que les élus de droite l’ont rejoint* : car dans Paris-Métropole, la seule démocratie qui compte est celle des élus, pas celle des électeurs qui n’ont d’ailleurs jamais été consulté sur le sujet. Ainsi dans Paris-Métropole, c’est une collectivité une voix, et donc la voix de Delanoë, maire de plus de 2 millions d’habitants, pèse autant que celle du maire de Valenton et ses12.000 habitants ou des Lilas et ses 22.000 habitants ou encore de la communauté d’agglomération du plateau de Saclay avec 97.000 habitants sur 70 km2 à comparer aux 105 km2 de Paris intra-muros, bois de Vincennes et Boulogne compris !. Démocratie entre élus, ou plutôt défense du corporatisme des élus comme Paris est sa banlieue le dénonce depuis longtemps.

Alors Bertrand Delanoë, le maire du Petit-Paris peut s’étrangler devant un marché de dupe. Mais que n’a-t-il pas défendu la mise en place d’un véritable Grand-Paris, avec des institutions démocratiques à la taille de la métropole, qui rendrait un tel interlocuteur légitime ? Le piège de Nicolas Sarkozy mainte fois pointé par Paris est sa banlieue n’en finit pas de se refermer…

L’occasion de relire la fable de La Fontaine, qui illustrait une note de décembre 2007

Les grenouilles se lassant
De l’état démocratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique. (lire la suite)

* A ce sujet, il faudrait à ce sujet peut-être que le site de Paris-Métropole soit mis à jour : la dernière liste date de juin 2010…

Jean-Paul Chapon

A propos parisbanlieue

Qui a peur du Grand Paris ? le journal d’un « desperate banlieusard » continue, malgré la difficulté à se faire entendre. Déceptions et frustrations, paralysie du jeu politicien droite-gauche et refus de construire une métropole unifiée et solidaire au-dessus du périphérique. En regardant le Petit Paris de Bertrand Delanoë, et la région immobile de Jean-Paul Huchon en passant par la préfectoralisation de la région-capitale par le gouvernement Sarkozy, Paris est sa banlieue entame sa saison 3… à suivre ;-) Sinon, quand je ne m'occupe pas de Ville et de banlieue ou de Grand-Paris, je suis chargé de la gouvernance web et du 2.0 dans une grosse boîte...
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