Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain… pour la comédie du Grand-Paris aussi ?

medaille-amour-000104.1287913966.jpg C’est à croire que les acteurs de la comédie du Grand-Paris ont tous acheté la médaille d’amour. Souvenez-vous de ces publicités ringardes pour une médaille qui ne l’était pas moins, la médaille d’amour Augis : « Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain ».

plus-et-moins.1287914626.jpgAinsi on pourrait citer, Annick Lepetit, adjointe au maire du petit Paris, Bertrand Delanoë, en charge des transports et qui semble aujourd’hui aimer les métros de rocade bien plus qu’hier. Hier c’était il y a juste trois ans, quand la député due Paris traitait Métrophérique de « projet pharaonique » dans un communiqué qu’elle fit opportunément disparaître de son site dès le lendemain. Trois plus tard, elle défend à l’Assemblée nationale Arc-Express la version la plus proche de Métrophérique parmi les projets de rocade en compétition. De même Jean-Paul Huchon, le président du Conseil régional d’Ile-de-France et à ce titre président du STIF, qui semble lui aussi aujourd’hui aimer les rocades bien plus qu’hier. Hier, c’était aussi il y a trois ans quand il déclarait dans 20 minutes, « nous n’avons pas besoin d’un métro qui fasse entièrement le tour de Paris ». Aujourd’hui Jean-Paul Huchon défend lui aussi le projet Arc-Express, mais finalement, il n’a peut-être pas tant changé d’avis, dans la mesure où l’on peut se poser des questions sur la volonté de boucler la boucle, quand on voit que seuls deux arcs sont étudiés pour l’instant et que le coût annoncé ne couvre que deux arcs sur quatre. Un détail qui frise la malhonnêteté tant elle embrouille le public qui peut être porté à croire comme parfois lu dans les médias que le projet de rocade de la région ne coûte que 6 milliards d’euros, là où celui du gouvernement pour le « grand huit » de son Grand-Paris est quatre fois plus cher. La formule de la médaille n’est pas réservée à la gauche, dans la comédie autour du Grand-Paris, et le ralliement récent de la droite, Conseil Général du 92 en tête au syndicat d’études Paris Métropole mérite lui aussi une version d’or (ou de plomb) de la médaille d’amour Augis.

augis.1287914636.jpgAujourd’hui, c’est un autre adjoint au maire de Paris qui semble vouloir sa médaille. Jean-Marie Le Guen, le strauss-khanien député PS de Paris, se découvre un intérêt pour la question du Grand-Paris et publie une interview dans Le Monde daté du 20 octobre que Paris est sa banlieue ne renierait pas. S’il constate que « Bertrand Delanoë a rompu d’une façon remarquable avec l’isolationnisme de Paris vis- à-vis de la banlieue »… mais que « Nicolas Sarkozy a surenchéri à partir de 2007. La captation du mot Grand Paris par le président de la République nous a neutralisés. On s’est fait voler le feu. Il faut qu’on récupère le talisman du Grand Paris ! » Lorsque la journaliste du Monde, Béatrice Jérôme, lui parle de Paris-Métropole, il répond « Paris Métropole est un succès! Il porte symboliquement l’idée métropolitaine mais ce n’est qu’un syndicat d’études. Je doute qu’il devienne un lieu de décision ou par exemple Patrick Devedjian, président (UMP) du conseil général des Hauts de Seine, qui y siège, consentirait à ce que le 92 paie son écot à la solidarité avec la Seine-Saint-Denis. Il faut une loi qui fonde cette solidarité, et demain une nouvelle collectivité. » ( du Paris est sa banlieue dans le texte, à la limite ça fait plaisir😉 Une question sur Roland-Garros lui d’élargir le débat du Petit au Grand-Paris : « On ne doit pas mener une politique en limitant notre vision à Paris-ville. Voir partir Roland Garros me gênerait si c’était mauvais pour l’agglomération et mauvais pour le tennis. Que je sache, Personne ne pense que Flushing Meadows n’est pas à New York sous prétexte que ce n’est pas à Manhattan. Personne ne sait que Wimbledon n’est pas dans le cœur de Londres. Faut-il que dans un triangle d’or parisien, il y ait le top du foot, du tennis et du rugby pour que les Parisiens vivent bien ? Cela n’a rien d’évident. ». Même réponse sur la recherche « Je doute que le projet de concentrer à Saclay des pans entiers de la recherche soit une bonne chose. Mais je doute aussi que la recherche puisse être améliorée en la limitant à Paris intra-muros. » les ministères ou les musées. Sa vision pour le Grand-Paris, Jean-Marie Le Guen l’a donne dès le début de l’interview « Il y a un défaut de projet collectif des socialistes et de la gauche en général sur le grand Paris. Or, il y a urgence absolue à construire le grand Paris pour répondre à la crise du logement et à la relégation des banlieues. Nous devons donner les mêmes droits aux habitants de la métropole. La dimension de cette question justifie qu’elle soit portée par notre candidat à la présidentielle. La cohésion sociale et le développement de la région capitale sont indispensables au dynamisme de notre pays. Il faut mettre en œuvre une vraie solidarité financière dès 2012 au niveau de l’agglomération et installer un conseil du Grand Paris élu au suffrage direct avant 2020. S’il fallait pour surmonter les blocages de certains, imaginer un référendum, pourquoi pas ? »

Alors opportunisme dans la course à la succession de Bertrand Delanoë, instrumentalisation une fois de plus de la question du Grand-Paris, et cette fois pas dans une querelle gauche-droite, mais interne au PS ? Jusqu’à présent, à gauche il était impossible de prendre une position autre que la ligne de Paris-Métropole, véritable impasse née de l’affrontement région-Paris, Huchon-Delanoë, qui avait complètement stérilisé le débat autour des institutions de la métropole parisienne. La question de la réforme des collectivité locale avait finalement aussi été du même tabac, les débats bien partis lors des premiers échanges de la Commission Balladur, avaient tourné court après la volte-face peu glorieuse de Pierre Mauroy. Quant aux institutions démocratiques pour un Grand-Paris, les invoquer publiquement revenant à s’aligner sur la position de Philippe Dallier, sénateur UMP du 93 pourtant bien isolé au sein de l’UMP et de la droite en général, il était impossible des les évoquer. D’où l’intérêt suscité par le pavé dans la mare de Jean-Marie LeGuen. Visiblement, Jean-Marie Le Guen aime un Grand-Paris avec de réelles institutions démocratiques aujourd’hui plus qu’hier. Espérons que ce soit aussi bien moins que demain !

à suivre…

Jean-Paul Chapon

A propos parisbanlieue

Qui a peur du Grand Paris ? le journal d’un « desperate banlieusard » continue, malgré la difficulté à se faire entendre. Déceptions et frustrations, paralysie du jeu politicien droite-gauche et refus de construire une métropole unifiée et solidaire au-dessus du périphérique. En regardant le Petit Paris de Bertrand Delanoë, et la région immobile de Jean-Paul Huchon en passant par la préfectoralisation de la région-capitale par le gouvernement Sarkozy, Paris est sa banlieue entame sa saison 3… à suivre ;-) Sinon, quand je ne m'occupe pas de Ville et de banlieue ou de Grand-Paris, je suis chargé de la gouvernance web et du 2.0 dans une grosse boîte...
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