Grand-Paris, métro des champs et cantonales : Temps confus pour la métropole…

martine explique métrophérique à huchonTemps confus pour la métropole, c’est le titre de la chronique que je signais dans le dernier numéro de Mégalopolis. Les derniers épisodes de la comédie du Grand-Paris, entre Grand-Huit gouvernemental et Arc-Express régional, ou si l’on préfère métro de droite contre métro de gauche ne démentiront pas le titre de cette chronique désabusée.

Début janvier, après deux mois de débat public confus entre les deux projets de rocade de métro de banlieue, une sortie du tunnel par le haut (si j’ose écrire) semblait se profiler. A la fin de la première semaine de janvier, le centriste Maurice Leroy parle d’une  « vision partagée  » dans les » jours qui viennent « , notamment lorsqu’il rencontre le président du Conseil Général du 93 à Bondy, Claude Bartolone. De son côté, le président PS du Conseil Régional, Jean-Paul Huchon déclare « On va les rendre complémentaires et convergents… On s’est pratiquement mis d’accord sur un tracé (qui) reprend Arc Express pour l’essentiel « . Bref « on chemine vers un accord ». Succès de la méthode du Club du Grand-Paris lancée par le ministre de la Ville ? On s’attend à une déclaration en Conseil des ministres ! Raté, c’était sans compter sans la majorité du Conseil Régional… Le 14 janvier, Cécile Duflot, présidente du groupe EELV à la Région Ile-de-France et Secrétaire nationale d’Europe Ecologie – Les Verts se fend d’un communiqué de presse virulent « Lorsque Nicolas Sarkozy succombe à la Folie des grandeurs et impose aveuglement un « métro des champs », les écologistes pensent avant tout à ceux qui subissent chaque jour la pénibilité du réseau existant, dans l’ensemble de la Région. En outre, Cécile Duflot appelle le ministre Leroy à ne pas bafouer l’idée même du débat actuel en négligeant la consultation citoyenne et la contribution des élus locaux. EELV appelle à un référendum qui permettra l’expression et la prise en compte des réels besoins des franciliens en matière de transports. » Quant à Jean-Vincent Placé, le vice-président EELV en charge des transports à la région, il n’y va pas non plus avec le dos de la cuillère dans une déclaration à l’AFP « Je suis pour la négociation, je ne suis pas pour la capitulation, ni pour la précipitation, je souhaite qu’on continue la négociation, qu’elle ne se fasse pas dans un petit club du mercredi avec dix types, et que Jean-Paul Huchon ait le souci de respecter sa majorité».

Du coup, c’est au tour de Christian Favier, président PCF du Conseil général du 94, de voler au secours de Jean-Paul Huchon et de la perspective d’un accord Etat-Région sur le projet de rocade de métro de banlieue, se déclarant « pour la vision partagée de l’Etat et de la Région » Dans une dépêche AFP du 15 janvier on peut lire que « Le responsable communiste, qui milite depuis quatre ans avec son association Orbival pour la construction d’un métro en rocade dans le Val-de-Marne, affirme que promouvoir l’écologie en ÎdF doit « d’abord et en priorité » consister à développer les transports collectifs non polluants. « Nous arrivons à la veille d’un accord entre tous les acteurs qui constituerait une belle victoire pour tous les habitants de banlieue qui galèrent au quotidien dans les transports et attendent depuis trop longtemps une amélioration de leurs moyens de déplacement », écrit-il dans un communiqué. « Que les responsables d’Europe Ecologie-Les Verts empêchent d’aboutir à ce progrès relève d’un caractère politicien que je ne peux accepter », ajoute-t-il. »

Amusant et triste à la fois dans un contexte d’affrontement dans le Val-de-Marne entre EELV, PS et PC dans le cadre des prochaines cantonales. Sans commentaires😉 Car dans ce dossier de rocade de métro de banlieue, qu’il s’agisse du Grand-Paris ou d’Arc-Express, l’instrumentalisation politique est le pire obstacle à l’avancée de projets qui seraient seulement portés par l’intérêt général…

Epilogue : Jean-Paul Huchon fait marche arrière et envoie à Maurice Leroy une lettre qui reprend les arguments de sa majorité. « Dans ce courrier, le conseil régional constate encore des points d’achoppement sur le financement du projet de supermétro, mais aussi du plan de mobilisation de la région pour le réseau existant… Enfin, Jean-Paul Huchon confirme l’opposition de sa majorité à la liaison en métro automatique vers Saclay (Essonne), point qui avait déclenché les premières critiques très sévères des Verts, et notamment du vice-président de la région en charge des transports, Jean-Vincent Placé. » écrit Sébastien Ramnoux dans le Parisien qui poursuit sur une note plus optimiste « Malgré tout, le courrier laisse entrevoir un accord rapide, avant la fin du débat public, le 31 janvier, sur les deux projets concurrents. Jean-Paul Huchon affirme ainsi que « la proposition de tracé correspond en grande partie » à celle imaginée par la région, sauf pour Saclay donc. La région demande aussi davantage de gares… » Il faut maintenant attendre les contrepropositions de Maurice Leroy conclut le journaliste du Parisien, qui cite pour finir les propos de Valérie Pécresse, à la tête du groupe UMP régional qui dénonce la faiblesse d’un Jean-Paul Huchon « pris en otage » par les Verts. Etonnement retournement s’il un accord, mais quel accord était proche, ou accord du type billard à trois bande, Grand-Paris contre SDRIF, l’interminable feuilleton du Schéma Directeur de la Région qui n’est toujours pas achevé. Et bande supplémentaire qui peut expliquer aussi l’accord, l’avenir à la tête de la région de son président, car si on ajoute l’épée de Damoclès de la décision du Conseil d’Etat sur Jean-Paul Huchon attendue lundi 24 janvier, on se dit que vraiment les temps sont confus pour la métropole…

à suivre…

L’illustration est un « détournement » d’une couverture de Martine, réalisé avec le générateur de couverture, un temps disponible sur le net avant que Castermann le fasse fermer… Hier on a appris que l’illustrateur de Martine était décédé.

Jean-Paul Chapon

A propos parisbanlieue

Qui a peur du Grand Paris ? le journal d’un « desperate banlieusard » continue, malgré la difficulté à se faire entendre. Déceptions et frustrations, paralysie du jeu politicien droite-gauche et refus de construire une métropole unifiée et solidaire au-dessus du périphérique. En regardant le Petit Paris de Bertrand Delanoë, et la région immobile de Jean-Paul Huchon en passant par la préfectoralisation de la région-capitale par le gouvernement Sarkozy, Paris est sa banlieue entame sa saison 3… à suivre ;-) Sinon, quand je ne m'occupe pas de Ville et de banlieue ou de Grand-Paris, je suis chargé de la gouvernance web et du 2.0 dans une grosse boîte...
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