Carte postale de Paris, avec tour Eiffel, dirigeable et radioactivité

Paris dirigeable recherche de radioactivité

Depuis une semaine, un dirigeable glisse au dessus de Paris, pas très haut, et vu depuis mon observatoire de La Défense, c’est un spectacle étonnant. Le dirigeable comme un Zeppelin sorti de l’histoire vient passer entre tour Eiffel et tour Montparnasse, fait une boucle en piquant légèrement du nez vers le bois de Boulogne, ou l’incinérateur d’Ivry. Hasard du calendrier, le dirigeable est là pour mesurer la radioactivité de Paris, dans le cadre d’un programme de recherche scientifique « suivi par le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) », précise la Préfecture de Police à l’AFP. Cette mission « permettra en outre de disposer d’une cartographie de référence de la ville facilitant la détection ultérieure d’éventuelles anomalies », a ajouté la PP. On est rassuré pour le Petit-Paris, pour le Grand, on attendra.

Plus sérieusement, ce dirigeable me ramène inexorablement au Japon et à la centrale de Fukushima Daiichi. Incident nucléaire, tournant à la catastrophe. Du déni des autorités ici et là-bas, toujours en retard d’un degré dans la reconnaissance ou l’appréciation de la gravité, à l’apparente gourmandise un rien malsaine des médias qui attendent le grand boum et le grand nuage toxique. Un spectacle angoissant, qui reste un spectacle, malsain et morbide. Lances à incendies, eau de mer pour noyer le réacteur, sarcophage comme à Tchernobyl, évacuation autour de la centrale.

Il y a une question qui me taraude et paraît être un sujet tabou depuis que la gravité de la situation ne peut plus être cachée. Comment évacuer 30 millions de personnes d’une métropole ou comment les condamner ? et en corollaire, un pays peut-il survivre s’il perd sa région capitale, doit déplacer une grande partie de sa population et se trouve au ban du circuit économique mondial : quel avenir pour un pays en quarantaine radioactive ? On fait le parallèle avec Tchernobyl, où les Soviétiques avaient fini par évacuer la ville voisine de Pripiat toujours ville interdite et abandonnée 25 ans après l’explosion de la centrale, et au total quelque 200.000 personnes furent déplacées. Seulement 200.000 personnes oserait-on écrire, car au Japon, sans vraiment faire de la science fiction, quelles conséquences aurait un nuage sur Tokyo ou sur la région comprise entre la centrale et la capitale ? On voit bien avec l’argumentaire de la préfecture de police de Paris que la question est posée, puisque l’on parle de « détection ultérieure d’éventuelles anomalies ». Le dernier grand déménagement d’une ville a été celui de sinistre mémoire de Phnom Penh vidée de ses 2 millions d’habitants par les Khmers rouges en 1975, ou encore celui de la Nouvelle-Orléans avec l’ouragan Katrina en 2005, parce qu’une ville, ça ne se déménage pas, ça s’évacue par la violence, la terreur ou la destruction…

Jean-Paul Chapon

A propos parisbanlieue

Qui a peur du Grand Paris ? le journal d’un « desperate banlieusard » continue, malgré la difficulté à se faire entendre. Déceptions et frustrations, paralysie du jeu politicien droite-gauche et refus de construire une métropole unifiée et solidaire au-dessus du périphérique. En regardant le Petit Paris de Bertrand Delanoë, et la région immobile de Jean-Paul Huchon en passant par la préfectoralisation de la région-capitale par le gouvernement Sarkozy, Paris est sa banlieue entame sa saison 3… à suivre ;-) Sinon, quand je ne m'occupe pas de Ville et de banlieue ou de Grand-Paris, je suis chargé de la gouvernance web et du 2.0 dans une grosse boîte...
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Un commentaire pour Carte postale de Paris, avec tour Eiffel, dirigeable et radioactivité

  1. Lupus dit :

    J’ai été souvent écoeuré, cette semaine, à entendre les journaliste parler avec des accents d’enthousiasme malsain d’une « catastrophe annoncée », de « journée décisive » ou de « pays qui s’enfonce peu à peu vers l’apocalypse ». Choqué de voir ces ignares se précipiter sur le moindre évênement qu’ils ne comprenaient pas (un incendie, une explosion) pour affirmer avec aplomb que la fin était proche.

    J’ai eu des hauts le coeur d’entendre ces gens assis confortablement dans leurs studios enterrer joyeusement un pays alors que là bas, les gens n’ont pas cessé de se battre et, pourquoi pas, d’espérer.

    Beaucoup de dégout donc, devant tant de bêtise crasse et de voyeurisme malsain.

    J’ai eu droit aussi à « la fuite des japonais par le Shinkansen ». Avec des hypothèses extrêmes de :
    – 1 000 passagers par train
    – 1 départ toutes les 5 minutes
    – des départs pendant 24 heures
    Il faudrait plus de 100 jours pour évacuer les 30 millions d’habitants de la mégapole japonaise.

    La panique n’est pas permise aux japonais. Surtout pas dans un pays où les infrastructures ont été dévastées par un séisme suivi d’un tsunami.

    Eux l’ont bien compris. Ils ne paniquent pas et se serrent les coudes. Qu’ils se rassurent : les européens paniquent à leur place, et se précipite pour récupérer l’évènement à des fins plus ou moins avouables.

    En attendant, je ne saurais trop conseiller une source d’information fiable, documentée et prosaïque : http://sciences.blogs.liberation.fr/home/

    Bon Week End!

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