Grand-Paris et cantonales ou j’aime plus mon département sur les plaques minéralogiques que dans les urnes…

carte des départements français en 1790L’Ile-de-France a connu un taux d’abstention supérieur à 60% aux dernières cantonales. Elle compte plusieurs départements où ce taux s’approche des 65%. Dans certains cantons, on dépasse les 70%.  A Ivry Pascal Salvodelli PCF est élu avec 100% des voix exprimées. Mais il n’en recueille guère plus de 3200 sur les 13000 inscrits avec une abstention supérieure à 70%. A Arcueil, Daniel Breuiller EELV est élu avec 100% des voix exprimées, mais il n’en recueille que 3000 sur les 15000 inscrits avec une abstention qui frise les 74% ! même chose à La Courneuve. A Paris, la question ne se pose pas, on ne vote pas aux cantonales. Les médias parlent d’une victoire du Front National et de Marine Le Pen, d’une victoire relative du PS, d’une grande claque de l’UMP. Et d’une écrasante victoire de l’abstention. C’est vrai. Et il est intéressant de noter que la participation est d’autant plus forte qu’il y a un affrontement politique, comme c’est le cas dans les Hauts-de-Seine. Pour autant, la participation globale n’y dépasse guère  les 43%, comme à Levallois-Sud où se jouait la bataille entre Isabelle Balkany UMP et Arnaud de Courson.

département de la SeineA la lumière de ces résultats, il faut plus que jamais se demander quel est le sens de l’organisation territoriale de la France et en particulier dans les métropoles à commencer par la métropole parisienne. On dit les français attachés aux départements, institution de la fin du 18ème siècle, mais ils semblent y être plus attachés sur les plaques minéralogiques que dans les urnes. Quel sens donner à une élection où l’abstention varie entre 55 et 75%, mais où 20% une partie de la population, ne participe pas parce que son statut territorial n’est pas le même ? Les adversaires du projet de Grand-Paris naguère porté par le sénateur de Seine-Saint-Denis Philippe Dallier l’attaquaient sur le rôle des départements, acteur essentiel de l’action sociale, de l’éducation etc. Philippe Dallier proposait de fusionner les conseils généraux de petite couronne et Paris, de transférer aux communes une partie de leurs prérogatives et d’en faire remonter d’autres au niveau de la région. Hurlement de tous les élus, de droite à gauche contre le projet de Philippe Dallier. La Commission Balladur semble vouloir aller dans le même sens, mais recule par manque de courage politique pour aboutir au conseiller territorial, hybride bâtard, du conseiller régional et du conseiller général. Le manque de clarté et de lisibilité des institutions territoriales n’en sort pas renforcé, en particulier pour la métropole parisienne ou le statut du Petit-Paris ne change pas…

ile-de-france départements et grand-parisLe mille-feuilles administratif de la métropole parisienne rend tout incompréhensible. Personne ne connaît son conseiller général, mais surtout personne ne sait vraiment dans quel canton il ou elle réside. L’institution n’a plus de sens au niveau métropolitain et ne fait que complexifier et rendre inadaptée la géographie administrative de la métropole. Le découpage départemental de la petite couronne s’avère tous les jours un peu plus une erreur majeure à réparer. Mais aucun politique n’a le courage de s’y atteler. Paris-Métropole n’est qu’un syndicat d’études incapable de répondre à la question d’une gouvernance démocratique du Grand-Paris. Résultat la métropole est ballottée entre préfectoralisme gouvernemental à la Christian Blanc, et grand jeu politicien sans ligne claire à la Jean-Paul Huchon, le tout sur un fond de corporatisme d’élus du style Paris-Métropole. Et cela donne une abstention catastrophique, mais peu surprenante aux cantonales…

Jean-Paul Chapon

A propos parisbanlieue

Qui a peur du Grand Paris ? le journal d’un « desperate banlieusard » continue, malgré la difficulté à se faire entendre. Déceptions et frustrations, paralysie du jeu politicien droite-gauche et refus de construire une métropole unifiée et solidaire au-dessus du périphérique. En regardant le Petit Paris de Bertrand Delanoë, et la région immobile de Jean-Paul Huchon en passant par la préfectoralisation de la région-capitale par le gouvernement Sarkozy, Paris est sa banlieue entame sa saison 3… à suivre ;-) Sinon, quand je ne m'occupe pas de Ville et de banlieue ou de Grand-Paris, je suis chargé de la gouvernance web et du 2.0 dans une grosse boîte...
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