Carte postale du Grand-Paris avec montagne de déchets, ou de la honte environnementale aux portes de la capitale

limeil brévannes LGD développement

Ce n’est pas Naples ses mafias et ses décharges, mais bien le Grand-Paris et le scandale d’une montagne de 150.000 tonnes de déchets à ciel ouvert, ou plutôt qui monte vers le ciel et crée un colline d’une quinzaine de mètres de haut*, qui depuis des années est devenu le cauchemar des habitants proches de la zone et de la mairie qui développe un quartier de l’autre côté de la zone d’activité et de sa montagne puante. Nous sommes à Limeil-Brévannes dans le Val-de-Marne à une dizaine de kilomètres de Paris. On en reparlé il y a quelques temps, dans Le Parisien au moins – le sujet de semble pas passionner les médias – quand la montagne d’ordures a pris feu au mois de mai. La vue serait fascinante si elle n’était écoeurante. On est saisi par une odeur acre d’ordures et de brûlé quand on approche du monstre que laisse la société LGD Développement. Et puis il y a cet étonnante décoration de la voie qui mène à la zone, un étalage de détritus, déchets divers, pare-brises explosés, pneus, débris, bois, plastiques, platre, gravats, ordures en tout genre comme un Bricorama désolé après une tornade. Et ce sentiment bizarre de ne pas être le bienvenu, il y a ceux qui trient sur la décharge, on n’est pas au Caire ou au Mexique, mais la logique de la pauvreté est la même, il y a ceux qui trient sur le trottoir, il y a les regards méfiants, et les gamins à vélo qui me lancent un « pourquoi tu prends des photos ? » inamical… Sans compter tous les projecteurs à pleine puissance, on ne les éteint plus et ils ne doivent pas plus servir la nuit que dans la journée… Le préfet avait enfin réagi en février dernier en demandant à la société d’enlever les déchets. Trop tard, LGD est en liquidation… On peut s’étonner quand on lit un rapport de la préfecture de 2008 qui selon Le Parisien de l’époque disait qu’il n’y avait « rien d’anormal dans les stocks de déchets » de cette société. Le Parisien ajoute que la préfecture avait « fait des recommandations au responsable de LGD pour « faire baisser » la hauteur de ses tas de stocks, recouverts conformément aux règles de l’environnement, afin d’éviter les poussières. » Quand on voit l’état de la décharge trois ans après, on peut se poser des questions sur l’efficacité et la (mauvaise ?) volonté de la préfecture dans cette affaire. L’environnement et le développement durable ça doit se vivre dans la réalité, et pas seulement dans les Grenelle et bureaux de ministres…

* pour se faire une idée de l’échelle, regardez le personnage en haut à droite de la décharge…
** Un article du Parisien fait le point sur la décharge de Limeil-Brévannes et la société LGD ainsi que sur le rôle de la préfecture dans son édition du 5 juin

Jean-Paul Chapon

A propos parisbanlieue

Qui a peur du Grand Paris ? le journal d’un « desperate banlieusard » continue, malgré la difficulté à se faire entendre. Déceptions et frustrations, paralysie du jeu politicien droite-gauche et refus de construire une métropole unifiée et solidaire au-dessus du périphérique. En regardant le Petit Paris de Bertrand Delanoë, et la région immobile de Jean-Paul Huchon en passant par la préfectoralisation de la région-capitale par le gouvernement Sarkozy, Paris est sa banlieue entame sa saison 3… à suivre ;-) Sinon, quand je ne m'occupe pas de Ville et de banlieue ou de Grand-Paris, je suis chargé de la gouvernance web et du 2.0 dans une grosse boîte...
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Un commentaire pour Carte postale du Grand-Paris avec montagne de déchets, ou de la honte environnementale aux portes de la capitale

  1. bernardp dit :

    Waouh !
    L’est où le ciel bleu ? Les tours de cadres ? Les artichauts ?
    C’est le développement qui dure ou encore, le développement insoutenable
    Mais dites moi , en IDF , la majorité PS/Verts elle fait quoi ?
    C. Duflot (élue municipale non loin de là) pourrait mettre toute son énergie durable pour mener le combat contre ces déchets !
    Brûler les déchets, via incinérateurs, pour produire de l’énergie
    Que nenni
    C’est à ces « manques » qu’on mesure l’étendue de leur faillite programmatique et intellectuelle
    On leur demande pas de sortir du nucléaire mais de sortir les immondices

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